Diabète : conseils d'un patient et de son médecin pour perdre du poids

Diabetes: Advice from a patient and his doctor to lose weight

Nous avons demandé à une médecin de donner son avis sur les méthodes utilisées par une personne que nous avons suivie et qui a réussi à contrôler son diabète.

Joffrey Lambert, chef cuisinier basé à Paris, a récemment réussi à stabiliser son diabète de type 2 grâce à des changements de mode de vie spectaculaires. Nous avons demandé au Dr Terray, diabétologue, de donner son avis professionnel sur certaines des méthodes utilisées par Joffrey.

Le chef était déjà avisé en matière d'alimentation

« Mon plus grand défi était mon alimentation. Je suis chef cuisinier à Paris, formé en pâtisserie, et j'ai baigné dans le sucre depuis l'enfance. Ce n'est pas facile de s'en passer ! Je travaille avec de grands chefs et je forme des cuisiniers pour le groupe SOS, donc ma journée est principalement organisée autour de la nourriture. Je travaille habituellement avec des produits biologiques, du commerce équitable, de la pêche durable… Toutes ces philosophies alimentaires, je les vendais à la pelle chaque jour, sans prendre soin de moi ! Alors j'ai tout changé. »Le Dr Terray dit : « Ces valeurs n'ont pas d'impact direct sur la perte de poids. Il est bien sûr intéressant de consommer de préférence des produits frais et si possible de saison pour bénéficier d'un plus grand apport nutritionnel, mais il n'y a pas de lien particulier entre l'origine des produits et l'efficacité d'un régime à index glycémique bas (IG bas). »

Conseils d'experts et recommandations utiles

Joffrey a rencontré une nutritionniste lors de son hospitalisation pour réapprendre à manger de manière équilibrée. « Mes repas étaient principalement composés de légumes, de viandes blanches ou de poissons blancs. J'ai supprimé le sucre et les farines blanches et les ai remplacés par des farines complètes, moins raffinées. Il y a plein de petits conseils dans l'application Health Mate pour perdre du poids : boire un verre d'eau avant le repas, commencer par les légumes pour se rassasier avant de manger le reste, utiliser des assiettes plus petites pour réduire naturellement ses portions, éviter les resservis… J'ai suivi les conseils à la lettre, et ça a marché ! »Le Dr Terray dit : « Ce sont de très bonnes habitudes alimentaires à adopter. Vous pouvez également vous faire plaisir en soignant la présentation de votre assiette. Plus votre assiette est naturellement colorée, plus c'est un signe de bonne diversité, ce qui garantit presque un bon apport nutritionnel. Je recommande également de limiter les matières grasses ajoutées (huile, beurre, fromage, sauce). »

Accro au sucre ?

« La partie la plus difficile pour moi a été d'arrêter le sucre. J'ai consulté plusieurs diabétologues. Ils m'ont tous dit qu'il faut 3 semaines au corps pour se sevrer du sucre, donc le premier mois est le plus difficile. En réalité, c'est vraiment compliqué. J'ai arrêté de fumer quand ma fille est née, mais c'était 10 fois plus facile. Il faut dire que quand c'est ancré dans votre cerveau depuis l'enfance… »Le Dr Terray dit : « L'addiction au sucre est bien réelle, mais plusieurs publications récentes (comme vu ici, ici, ici ou ici) montrent qu'un régime riche en graisses favorise la résistance à l'insuline, c'est-à-dire la résistance à l'insuline, l'hormone responsable de la régulation de la glycémie, bien plus que le sucre, qui augmente la glycémie à court terme. Le diabète de type 2 serait donc également lié à une alimentation trop grasse. Les sucres ajoutés, notamment dans les boissons sucrées, restent évidemment un facteur de risque important car ils augmentent significativement l'apport calorique sans agir sur la satiété. »

La force de l'esprit

« Heureusement, j'ai découvert l'importance de travailler sur mon état d'esprit. J'ai beaucoup réfléchi à ma relation avec la nourriture et j'ai découvert que j'étais un mangeur compulsif. Je me réfugiais dans la nourriture pour gérer mes émotions. Je m'en suis libéré mentalement en me disant que ce n'est pas un refuge mais quelque chose qui me détruirait. Aujourd'hui, quand je ne me sens pas bien, je m'installe dans mon salon, je fais des squats, des pompes… J'ai aussi pratiqué la sophrologie dans le cadre de cours de chant et ça m'a vraiment aidé. »Le Dr Terray dit : « La réponse alimentaire à nos tracas quotidiens est un problème récurrent. La sophrologie, la psychologie, la relaxation, le yoga… chacun peut trouver sa propre technique pour apprendre à gérer ses émotions autrement qu'en mangeant. En plus d'un suivi psychologique, on peut essayer de se distraire en remplaçant la nourriture par un autre petit plaisir : faire une petite balade dehors, aller au musée ou au cinéma, lire un livre, faire quelque chose pour un proche… À vous de trouver la réponse qui convient à votre personnalité. »

Bouger plus, dormir plus — et mieux ?

« Ce n'est pas facile de commencer à faire du sport quand on pèse plus de 160 kilos ! Il m'était impossible de courir comme tout le monde avec mon poids. En plus, j'avais un problème au genou, donc le médecin m'a conseillé de ne pratiquer que des sports doux pour les articulations et qui travaillent le cardio. J'ai commencé avec le vélo d'appartement, l'elliptique puis la marche rapide sur tapis. Progressivement, j'ai pu faire de plus en plus de sport et c'est devenu une affaire de famille : on fait des sorties à vélo, de longues promenades en forêt… Je peux courir après mon enfant quand il veut jouer au ballon et c'est tellement satisfaisant. »« J'ai aussi découvert un allié incroyable dans ma perte de poids : le sommeil. Maintenant j'en prends soin. Je me lève très tôt (à 5h) pour aller travailler. Avant, je traînais, je me couchais tard… et je dormais très peu. Heureusement, j'ai trouvé l'astuce : j'ai une alarme sur mon téléphone pour me rappeler d'aller me coucher et ça marche plutôt bien. Quand je suis mieux reposé, j'ai moins faim et je contrôle mieux mes émotions, donc je ressens moins le besoin de « compenser » avec la nourriture. »Le Dr Terray dit : « Les exercices d'endurance tels que la marche, la natation ou le vélo sont à privilégier. Ce type d'exercice utilise un métabolisme aérobie qui libère de l'énergie de manière lente et régulière en mobilisant les glucides et les lipides. De nombreuses études prouvent les effets bénéfiques des activités d'endurance sur la santé (immunité, cardiovasculaire, diabète, obésité, perte de poids, cancer…) »Concernant le sommeil, « le manque de sommeil entraîne une prise de poids. Cela est désormais bien documenté par de nombreuses études scientifiques. Il est recommandé de dormir entre 6 et 8 heures par nuit et de ne pas travailler la nuit pour maintenir un poids stable. »

Un grand merci à Joffrey pour avoir partagé les détails de son succès et merci au Dr Terray pour ses éclairages et son expertise.