Découvrez les résultats d'une étude menée avec des appareils connectés pour explorer la nycturie — le fait de se réveiller la nuit pour uriner — dans la population générale, réalisée par Ferring Pharmaceuticals à partir des données des appareils de suivi du sommeil Withings.
La nycturie — terme médical désignant le fait de se réveiller la nuit pour uriner — n'est pas seulement gênante, elle peut avoir un véritable impact sur votre sommeil. Dans quelle mesure ? Withings et Ferring Pharmaceuticals se sont associés pour en savoir plus. Dans cette étude, Ferring — une entreprise pharmaceutique axée sur la recherche, avec une longue histoire dans le domaine spécialisé de l'urologie — a utilisé les données des appareils connectés Withings pour explorer la nycturie dans la population générale. Ferring a exploité les données collectées auprès d'un groupe de 250 000 utilisateurs d'appareils connectés Withings et les réponses à un questionnaire d'un sous-groupe de 6 230 utilisateurs. L'objectif était d'examiner le lien entre le nombre d'épisodes nocturnes de miction et le niveau de gêne ainsi que les caractéristiques du sommeil. En février 2020, la recherche a été publiée dans The International Journal of Clinical Practice, une revue médicale mensuelle à comité de lecture. Voici les résultats, parfois surprenants.
La nycturie touche les jeunes comme les personnes âgées, dans des proportions différentes
Les patients diagnostiqués avec une nycturie sont principalement des personnes âgées, mais jusqu'à présent, peu d'informations étaient disponibles sur l'impact de la nycturie chez les personnes de moins de 65 ans non diagnostiquées avec cette condition. Dans cette étude, en plus de collecter des données via leur appareil connecté, les utilisateurs des traqueurs de sommeil connectés Withings ont été invités à remplir un questionnaire afin de comprendre la présence de la nycturie et ses associations avec la qualité de vie et le sommeil dans une population non-patiente en âge de travailler. Au total, 6 230 questionnaires complétés ont été analysés ; 42,9 % des répondants étaient âgés de 18 à 44 ans, 44,8 % de 45 à 64 ans, et 12,3 % avaient 65 ans ou plus. L'analyse des résultats a montré que dans l'ensemble, 14,2 % des répondants se sont réveillés au moins 2 fois par nuit pour uriner. Six pour cent (6 %) des répondants âgés de 18 à 44 ans, 15,3 % de ceux âgés de 45 à 64 ans et 38,9 % de ceux âgés de 65 ans ou plus se sont réveillés au moins deux fois par nuit pour uriner.
Plus de réveils, plus de gêne
Nous avons demandé aux répondants dans quelle mesure ils étaient gênés lorsqu'ils se réveillaient la nuit pour uriner. Comme attendu, un nombre plus élevé de réveils nocturnes liés à la nycturie était associé à un niveau de gêne plus important : 55,3 % des répondants ayant 3 épisodes de nycturie ou plus ont déclaré être « assez » ou « extrêmement » gênés, contre seulement 23,2 % de ceux ayant 0 ou 1 épisode de nycturie. Les activités diurnes étaient également touchées : 20,1 % des répondants ayant 3 épisodes de nycturie ou plus ont déclaré que leurs activités du lendemain étaient « assez » ou « extrêmement » affectées.
Fait intéressant, les groupes d'âge plus jeunes étaient davantage gênés par la nycturie, tant la nuit que dans leurs activités diurnes, par rapport aux répondants plus âgés. Parmi ceux ayant 3 épisodes de nycturie ou plus, 55,6 % des 18-44 ans et 62,7 % des 45-64 ans ont rapporté un niveau de gêne nocturne plus élevé, contre 47,4 % des 65-90 ans. Les activités diurnes étaient également impactées : parmi les répondants ayant signalé 3 épisodes de nycturie ou plus, 27,8 % des 18-44 ans et 24,1 % des 45-64 ans ont déclaré que leurs activités diurnes étaient « assez » ou « extrêmement » affectées, contre 14,1 % des 65-90 ans.
Se réveiller plus souvent signifie rester éveillé plus longtemps
L'analyse des données de sommeil provenant des utilisateurs d'appareils connectés a montré qu'en moyenne, les répondants ayant 3 épisodes de nycturie ou plus restent éveillés 20 minutes de plus que ceux qui en ont 0 ou 1, autrement dit, un nombre plus élevé de réveils est associé à une durée totale de sommeil plus courte et à une qualité de sommeil moindre. De plus, la première période de sommeil ininterrompu était bien plus longue — 243 minutes — chez les répondants ayant 0 ou 1 épisode de nycturie, contre ceux en ayant 3 ou plus (124 minutes). La durée de la première période de sommeil ininterrompu est un indicateur important de la qualité du sommeil.
Résumé des résultats
La nycturie ne touche pas uniquement les personnes âgées, mais est également présente dans une population plus jeune, en âge de travailler. Le niveau de gêne nocturne et l'impact sur les activités diurnes augmentent tous deux avec le nombre d'épisodes de nycturie, dans tous les groupes d'âge. Un nombre plus élevé de réveils était associé à une durée totale de sommeil réduite et à une qualité de sommeil moindre. Enfin, les répondants plus jeunes ont signalé un niveau de gêne nocturne et un impact diurne plus élevés que les personnes plus âgées présentant le même nombre d'épisodes de nycturie.
Les auteurs de cette étude souhaitent remercier tous les participants qui ont répondu au questionnaire ; leur contribution soutient l'avancement de notre compréhension de l'utilisation des appareils connectés dans la recherche.Étude réalisée par Chapple C, Bliwise D, Maislisch L, Roitmann E, Burtea T. Night-time voids, level of bother, and sleep characteristics in a non-patient population of wearable devices users. Int J Clin Pract 2020. Doi:10.1111/IJCP.13495 [Link]GL-URO-2000022